
La société SUNN a été créée en 1989, à Saint-Gaudens, aux pieds des Pyrénées, à 90 kilomètres de Toulouse. Avec ses 81 titres de Champion du Monde ou autres, la marque est internationalement reconnue pour la qualité de ses vélos.
A l’origine exclusivement orientée vers le BMX, SUNN s’est ouverte au VTT en 1990 et propose aujourd’hui un éventail de produits couvrant toutes les utilisations moderne du à la pratique de la compétition en VTT.
Petit voyage dans le temps…
En 1982, le BMX débarque tout juste en France, et Max Commençal crée la société MX France qui deviendra très vite Sunn, un nom nettement plus en rapport avec l’activité. Sunn concentre d’abord son activité sur la production de BMX destinés aux plus jeunes pilotes. Les vélos sont assemblés en CAT (Centre d’Aide par le Travail).
Très vite, la petite marque se taille un franc succès dans le petit milieu du BMX français, et la société se structure petit à petit. Les intervenants externes qu’étaient le chef d’atelier du CAT, ou le soudeur intègrent l’entreprise.
Et puis arrive Jean-Pierre Garnier, plus connu sous sa signature de graphiste : Zoobab n’a pas quinze ans lorsqu’il envoie à Sunn ses premiers dessins de mousses de cadres. La patte est déjà là, et il devient très vite le graphiste attitré de la marque, lui donnant durant de longues années un style très particulier, qui sera pour beaucoup dans son succès.
Sur le front de la compétition, Sunn monte son premier team officiel avec de tout jeunes pilotes, qui ont pour nom -entre autres- Florent Poussin, jean Christophe Tricard et Cédric Gracia. Les titres de champion de France commencent à pleuvoir, les pilotes Sunn alimentent l’équipe de France et lui offrent également de nombreux titres internationaux.
En 1988 un pool d’investisseurs, réuni autour du créateur, lance une structure sous le nom de Sunn SA pour permettre à la marque de se développer. Désormais basée à Saint Gaudens, au pied des Pyrénées, Sunn continue à produire des BMX, et entretient une équipe redoutable. Le team Sunn Chipie multiplie les titres internationaux et sera sacré champion du monde par équipes en 1991. A la même époque, Sunn commence à s’intéresser au VTT, qui fait son arrivée en France. Après quelques essais plus ou moins heureux, sort en 91 une belle gamme à l’identité fortement inspirée du BMX. Les cadres sont slopping (ce n’est pas fréquent à l’époque), les géométries plutôt agressives. Le Radical, un acier oversize en tubes Vitus particulièrement solide fait le bonheur des premiers descendeurs Sunn.
Si en 91 et 92, les gammes VTT Sunn ont été appréciées, 93 va marquer un tournant décisif dans l’histoire de la marque, voire du VTT français. La présentation du nouveau millésime fait l’effet d’une bombe, ou en tous cas d’une pierre dans le jardin des marques concurrentes. La série des 1003 bouleverse les habitudes du marketing ambiant. Pour des raisons d’esthétique, les tubes oversize fleurissent, mais alourdissent les vélos. Sunn sort alors une gamme de VTT simples, à la géométrie très étudiée, en tubes d’acier de faible diamètre. Le résultat donne des vélos très légers, au rapport poids / prix / équipement inédit. Les groupes sont en effet panachés entre eux - au grand dam du fournisseur exclusif de la totalité des marques ! - ce qui permet d’upgrader les postes les plus important, tout en restant sur de coûts raisonnables sur les éléments moins cruciaux. L’emblème de la gamme est le 5003 R en CrMo, qui va devenir LE best seller de l’année. Il sera d’ailleurs élu VTT de l’année par le magazine Vélo Vert qui inaugure sa formule d’élection annuelle. Dès 93, gràce au 5003R et à ses petit-frères, Sunn connaît une croissance phénoménale, qui ne se démentira pas durant les trois années suivantes. Les Revolt et Maxe marquent aussi leur époque, de même que le Bmix (un BMX en roues de 26), et les premières gammes route apparaissent. Tous les ingrédients de la marque sont déjà en place en termes de produits, mais aussi en termes d’image. Sunn développe une image décalée par rapport à la plupart des autres marques : à la fois très impliquée, mais aussi détachée du milieu du vélo. Cette identité forte est largement personnifiée par Zoobab lui même et sa bande, mis en scène dans les catalogues, où transparaît un style de riding, très free-ride avant l’heure, mais aussi un style de vie. Sunn revendique et affiche une indépendance, une liberté et une ouverture d’esprit inhabituelles. Inspiré par bien d’autres domaines, comme la musique, le style de Sunn se synthétise dans le slogan « Va Rouler : prends ton bike et va Rouler comme tu en as envie ». Et ensuite passe à autre chose... La force de Sunn est d’être à fond dans le vélo, totalement passionné, mais de manifester dans le même mouvement qu’il n’y a pas que le vélo dans la vie. D’où une exceptionnelle indépendance, un manque de pression qui peut aller jusqu’à la désinvolture... de surface.
A côté d’un esprit libre et sportif, Sunn s’implique toujours dans la compétition pure et dure. Le team BMX continue sa quête de titres, dans toutes les catégories d’âge. Entrer dans l’équipe à huit, dix ou douze ans, c’est se voir ouvrir une voie toute tracée vers le statut pro dans la meilleure structure du monde. Lesquels pros font office de dream team, avec un trio constitué de Christophe Lévèque, Thomas Allier et Dylan Clayton... à qui il faut ajouter tous les jeunes : Médhi Rémili, Clément Doby, Pablo Guiterrez... on en oublie forcément. Logiquement, Sunn s’implique aussi dans la compétition en VTT, avec l’arrivée de Gilles Sanders, comme premier pilote officiel en cross country dès la fin des années 80.
Mais c’est en descente que l’équipe va le plus marquer les esprits. En 93, plusieurs des jeunes BMXers passent au VTT : Florent Poussin, Cédric Gracia, Carmine Falco déboulent en descente, avec leur style et leur technique BMX, et font le spectacle alors qu’ils ne sont que cadets. Ils sont encadrés par François Gachet, un pilote issu du programme Co-factory, qui devient pro en 93. Mais 93 est aussi l’arrivée du phénomène Anne Caroline Chausson, dénichée par Sunn, et qui va devenir championne du monde junior de descente VTT pour la troisième course de sa vie en VTT.
En 94, Sunn lâche une nouvelle bombe en termes de produit avec le fabuleux Radical Plus, un vélo de descente révolutionnaire, qui va assurer à la marque une avance technologique durant de longues années. A son guidon, Gachet et Chausson remportent la première manche de coupe du monde 94 : un doublé historique ! François va s’imposer au classement final de la même coupe du monde, et remporter le premier titre de champion du monde senior pour la France.
Toujours en 94, Anne Caro reconduit son titre mondial en junior, deuxième donc d’une longue série puisqu’elle restera invaincue en mondial jusqu’à la fin de sa carrière chez Sunn en 98. Le Radical devient l’arme absolue pour les pilotes amateurs, qui se bousculent pour intégrer le programme Co-factory, lequel fournit au team officiel ses futurs top guns. Gracia, Barel, Pascal seront tous trois champion du monde junior au guidon du Radical Plus. Puis Nicolas Vouilloz rejoint les rangs de Sunn afin de pouvoir travailler avec la meilleure équipe technique du moment. L’association du plus grand pilote de descente VTT à ce jour, et du team le plus professionnel qui ait jamais existé donnera trois titres de champion du monde (97, 98, 99).
En cross country, également, le team finit par se montrer dominateur, avec Christophe Dupouey et Miguel martinez. Un duo infernal qui truste durant trois ans les avant postes au niveau international, avec comme point d’orgue, les championnats du monde 1998, ou Dupouey est sacré en senior, et Martinez en espoir. A noter également les performances d’Eric Barone, plusieurs fois recordman du monde de vitesse sur un proto Sunn (mais aussi champion du monde de descente vétéran) et la domination implacable de Thierry Girard en trial VTT durant ces mêmes années.
Le team Sunn devient ainsi en quelques saisons l’équipe la plus titrée, mais aussi la plus professionnelle du circuit mondial. Làs, les gros sponsors que tout le monde attend, en raison de l’engouement phénoménal que connaît le VTT, n’arrivent jamais. Toutes les équipes majeures se professionnalisent à outrance pour attirer la manne d’hypothétiques partenaires, et du coup investissent beaucoup. Trop ? Peut-être. Toujours est-il qu’à la fin des années 90 le soufflet retombe, et s’en est fini des grosses structures (le team Sunn comptera jusqu’à 24 pilotes pros, toutes disciplines confondues).
Reste de cette époque le souvenir d’une période magique, marquée par des luttes épiques entre coureurs et teams, qui aura fait rêver tous les passionnés de VTT et de compétition.
Fin 98, Max Commençal quitte Sunn, suite à des divergences avec l’actionnariat, et l’entreprise dépose le bilan pour se relancer. Parallèlement, la conjoncture a changé et le monde du VTT tout entier revient à plus de réalisme, après les années folles du boum historique de la discipline. Dans ces conditions, et sans le soutien de son team, Sunn peine à retrouver une identité forte. Xavier Marigot succède à Zoobab au design et marque son passage par une innovation qui va permettre d’identifier un Sunn au premier coup d’oeil : le fameux garde-boue intégré au tube diagonal. La marque se maintient grâce à des gammes bien conçues, mais le fameux esprit Sunn fait désormais défaut, et elle n’est plus motrice, comme par le passé. Au bout de six ans, la production a chuté, les effectifs ont fondu, et l’entreprise est placée en liquidation.
En avril 2005, l’entreprise Sunn est reprise par Patrick Tanguy, qui crée une nouvelle structure afin de relancer la marque Sunn. Son ambition est de redonner à Sunn la place qui était la sienne quelques années auparavant. Pour ce faire, il s’applique à recomposer une équipe, qui voit le retour de quelques anciens, additionnés aux jeunes en place. Compétence et passion sont de nouveau réunies pour recréer l’alchimie qui avait donné tant de personnalité à Sunn. C’est cette équipe qui porte tous les espoirs de Sunn pour les années à venir sur le plan de la technologie comme de l’image. Et sa motivation est à la hauteur du challenge, et de l’attente phénoménale du public pour une marque qui reste chère à son coeur. 2006 est donc, dans un premier temps, l’année du retour de Sunn sur le marché, qui permet de mesurer l’énorme capital sympathie conservé par la marque. Après cette première étape, plus que prometteuse, 2007 sera l’année du renouveau, avec la présentation des premières gammes conçues par le nouveau staff. L’esprit est de retour, les projets ne manquent pas, la compétence est là : tout est réuni pour que Sunn cristallise à nouveau les passions.
Le travail des dernières années pour reconstruire entièrement la gamme SUNN porte ses fruits : en 2008 le Kern Exo est élu "VTT de l’année", la même année le Kern LT Evo est élu "Enduro de l’année" pour la deuxième fois consécutive et en 2009 le Shamann Exo se place deuxième à l’élection du "VTT de l’année" à 3 petits points de la première marche. La reconnaissance des produits SUNN par le public et la profession est bien là. L’esthétique des produits, les résultats et l’ambiance du team SUNN Rider’s Society et les campagnes publicitaire décalées avec l’agence La Chose, contribuent également à replacer SUNN parmi les marques leaders et innovantes. SUNN retrouve l’image forte qui était la sienne il y a quelques années et continue encore et toujours à innover pour le plus grand plaisir des riders.
La suite est à vivre en direct live sur www.sunnbicycle.com ...
© 2009 - 2010 SUNN BICYCLE | Tous droits réservés
Change language
English